Des personnages et du vin

511098F0CKL._SL500_Samedi, ce jour béni où l’on reste chez soi pour faire ce qu’on aime, j’ai lu un petit bouquin qui a fait mon bonheur de fin de semaine : La perle, de John Steinbeck. Une lecture facile, mais tellement reposante et captivante, pas forcément de par son sujet (plutôt triste, comme dans tous les livres de Steinbeck), mais surtout grâce à la manière dont le texte a été conçu par son auteur, tel une chanson qui reprend inlassablement le refrain, jusqu’à ce que le public soit à jamais épris de sa magie.

Pendant de longues minutes, j’ai été fasciné par ce texte, à la façon dont Kino, le personnage principal, a été fasciné par la perle qu’il a découverte au tréfonds de la mer et qu’il a baptisée la Perle du Monde. Et pour prolonger cette « ambiance Steinbeck » qui m’avait tellement envouté, j’ai me suis lancé ensuite dans la lecture d’un autre livre signé par ce grand auteur américain, Les raisins de la colère.

Mais avant d’entamer ce nouveau texte (que j’aurais dû lire il y a des années, j’en suis conscient), je n’ai pas oublié de copier un petit extrait que j’ai trouvé approprié pour mon blog d’oenologue amateur. Vous l’aurez bien deviné, il est question de vin et de la France :

« La nouvelle atteignit le docteur  pendant qu’il donnait une consultation à une femme dont la seule maladie était la vieillesse, bien que ni elle ni le docteur ne voulussent l’admettre. Et quand l’identité de Kino fut clairement établie, le docteur prit un air sévère et judicieux: »c’est un de mes clients, fit-il; je soigne son enfant pour une piqure de scorpion » et ses petits yeux virèrent dans leurs petits nids de graisse à l’évocation de Paris; il se représentait la chambre d’hôtel qu’il avait habitée là-bas comme un vaste luxueux palais et conservait de la femme aux traits durs, qui avait vécu avec lui le souvenir d’une jeune fille ravissante et douce…Le docteur détourna les yeux de la vieille et se vit trônant dans un restaurant parisien, tandis qu’un sommelier débouchait une bouteille de vin devant lui….».

Et à l’instar du docteur (« the bad guy » dans le texte), je me suis vu, à mon tour, dans un restaurant parisien, tandis qu’un sommelier débouchait devant moi une bouteille poussiéreuse de Bordeaux ou un champagne bien frais. Et c’est en ce moment-là que j’ai compris cette passion des écrivains américains pour rendre leurs personnages amoureux de la France. Pour eux, ce pays est synonyme de bons vins, bons plats et belle vie. C’est une renommée bien méritée, car les Français sont de gens qui savent faire le temps s’arrêter ne serait-ce qu’à l’aide d’un bon repas, qui associe des produits de terroir exceptionnels et des vins à la hauteur de cette cuisine sans pareille au monde. Goûter à ce style de vie et à la gastronomie française signifie être à jamais sous leur emprise, où que l’on soit dans le monde (qu’il soit réel ou… littéraire).

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Une réflexion sur “Des personnages et du vin

  1. Pingback: Six personnages en quête de… vin | Encore du vin

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